Les propos divergents et souvent contradictoires qui sont tenus sur les productions des 28 anartistes de cette fiction iconographique par les 28 théoristes des revues Postures et Riposte ont pour objectif de semer le trouble dans l'esprit du lecteur-regardeur, l'invitant ainsi à élaborer son propre récit.

10/19/2024

Présentation générale par Cécilia Tomplar

 "La vérité est ce dont il faut se débarrasser au plus vite et la refiler à quelqu'un d'autre. Comme la maladie, c'est la seule façon d'en guérir. Celui qui garde en main la vérité a perdu." Jean Baudrillard

 

Vous venez d'entrer dans La fiction iconographique intitulée Le Labyrinthe des hypothèses masquées. Cette fiction qui emprunte la plupart de ses arguments à des segments récents de l’histoire de l’art a pour toile de fond un pays imaginaire : l'Uqbar. C'est une production symbolique qui s'attache à ne jamais dissocier l'intelligible du sensible, à ne jamais séparer son composant questionnement de son composant célébration plastique

 
L'Institut des Grandes Interrogations dans le désert de l'Uqbar

Cette fiction se présente comme un jeu de rôles qui s’apparente à une enquête policière relative à l’assassinat collectif d'un Auteur supposé. Les indices qui permettent d’en repérer les officiants et les moyens mis en œuvre sont disséminés dans les productions solidaires de 28 anartistes (artistes imaginaires) et de 28 théoristes (critiques d'art imaginaires), réunies aujourd'hui au sein d'un cabinet de curiosités, celui de la bande à Philostrate.

Initiateurs de cette farce pataphysique, les membres anonymes de l’agence Pneuma semblent fascinés par l’inéluctable réversibilité des postures et des opinions, réversibilité qui révèle en creux l’ironie fatale et toujours triomphante de sa majesté Paradoxe. Pour construire l'assise théorique de leur jeu, ces opérateurs en art s'appuyèrent sur l'hypothèse selon laquelle la figure idéalisée de l’artiste contemporain était désormais l’artiste sans œuvre, autant dire l’artiste stérile. 

Cet archétype est incarné dans le jeu par Alberto Fushni, un anartiste n’ayant jamais rien produit. Premier personnage à entrer en scène, celui-ci se manifesta par la déclinaison dans l’espace public du cordon sans fin (segment x à y), une proposition visuelle inachevable, conçue et fabriquée non par lui-même mais par l’intelligence artificielle (Biografictor28). Cette peinture volumétrique au sol allait servir de matrice nourricière pour la construction des 28 artistes imaginaires du Labyrinthe des hypothèses masquées.

 
 Présentation du cordon sans fin (segment x à y) à l'école supérieure des beaux-arts d'Aix-en-Provence

 
Le cordon sans fin (segment 1 à 52) galerie Gabrielle Vitte 1990

 
 Le cordon sans fin (segment 53 à 170) Centre National d'Art Contemporain de Nice (Villa Arson 1992)

 
 Le cordon sans fin (segment 171 à 258) Kunsthalle de Fribourg 1994

Paradoxalement, par un surprenant retournement paradigmatique, cette non-œuvre qui s’intitule le cordon sans fin (segment x à y), et qui sera déclinée par Alberto Fushni, deviendra un tremplin fertile pour les 27 autres anartistes du jeu. Poursuivant la cannibalisation et la carnavalisation des attitudes, des formes et des discours de légitimation hérités de l’art moderne et contemporain, chacun de ces artistes construits (artistes ready-made) eut pour mission d’explorer plastiquement l’une des 28 notions constitutives de cette matrice et fil d’Ariane du jeu. Cette distribution programmée des rôles par Biografictor28 donna naissance au Paradox'art, discipline dont l'ambition est de poser, par le biais de la fiction iconographique, les jalons d'une pratique de l'art à la fois ludique et pédagogique. Paradoxe fondateur du projet initié par les membres de l'agence Pneuma : la matrice du jeu (le cordon sans fin) se présente d'emblée, à partir d'un premier musée imaginaire, comme le produit synthétique de 28 emprunts à 28 artistes réels de l'histoire récente d'un art dont, par ailleurs, ils entendent explorer les points forts et les faiblesses.   

   

On ne saurait absolument rien sur le deuxième musée imaginaire réunissant les 28 anartistes et les 28 théoristes promus par Pneuma, s’il ne s’était trouvé, pour conserver les traces matérielles  et discursives de leurs productions, un groupe de collectionneurs-éditeurs passionnés par le Paradox’art : la bande à Philostrate ! Dès le début des années 90, ces amateurs éclairés constituèrent un foisonnant cabinet de curiosités dont l’existence réelle est désormais mise en doute par les modalités virtuelles de sa diffusion publique à travers une série de blogs accessibles à partir du site uqb-art.fr fonctionnant comme une table des matières. Mais, paradoxalement, ils considèrent que cette forme de dématérialisation de l’exposition se présente comme une alternative historique concrète, à la fois simple et gratuite, venant répondre de manière pragmatique à la logique marchande. En outre, cette forme virtuelle de l’exposition suggère qu’une production symbolique candidate à l’appréciation esthétique peut, pour un regard aussi glissant et désincarné que celui de notre époque, se réduire à son seul environnement documentaire.

Le premier blog, intitulé le Labyrinthe des hypothèses masquées, présente, en 54 articles, des photos et des textes relatifs aux productions  des 28 anartistes et des 28 théoristes qui constituent le cabinet de curiosités de la bande à Philostrate. https://paradox-art.blogspot.com

Le deuxième blog, intitulé Matrice et fil d’Ariane du jeu du Labyrinthe des hypothèses masquées, présente des photos et des textes relatifs aux 28 artistes réels du champ de l’art qui ont permis au logiciel Biografictor28 de concevoir et de réaliser le cordon sans fin (segment x à y). Il est composé de 13 articles. https://para-docs-art.blogspot.com

Le troisième blog, intitulé Les hypothèses théoriques du Labyrinthe enfin démasquées ! présente, en 28 articles, le solide cadre épistémologique à partir duquel s’est développé le jeu éponyme. On y découvre que le Paradox'art est une pratique diversifiée et ironique qui, par le biais de la fiction, permet à l'agence Pneuma de remettre en cause la traditionnelle division du travail à l'intérieur du champ de l'art. En endossant toutes les fonctions de production et de légitimation discursive, depuis celle de l'artiste (les 28 anartistes), en passant par celle de directeur de revue (Ben Harsiflout pour Postures et Catherine Billetfranc pour Riposte), de critique d'art (les 28 théoristes), de commissaire d'exposition (Ben Harsiflout), de directeur de musée (Manuel Erpales),  de collectionneur et d'éditeur (la bande à Philostrate), l'agence Pneuma entend souligner l'indispensable solidarité opérationnelle entre tous les opérateurs du champ de l'art pour qu'un objet banal puisse être transfiguré en œuvre d'art.                                        https://para-doxa-art.blogspot.com

Le quatrième blog, intitulé Le jeu de l’œuf, se présente comme un divertissement exemplifiant l’idée de processus sans fin à l’œuvre dans le labyrinthe. Il comporte 72 articles dont 69 cases pour le jeu lui-même. 

Un autre jeu dans le jeu consiste à repérer dans chaque case la représentation plus ou moins dissimulée de l'ur, nom donné au module de base du cordon sans fin. https://paradox-art-jeu.blogspot.com

Les articles des 4 blogs sont accessibles directement à partir du site (uqb-art.fr). Vous pouvez revenir à l'ACCUEIL du site et sortir des blogs, en cliquant sur le lien du site (uqb-art.fr) situé soit en haut de la colonne de droite de chaque page soit en bas de chaque page des blogs.