"La vérité est ce dont il faut se débarrasser au plus vite et la refiler à quelqu'un d'autre. Comme la maladie, c'est la seule façon d'en guérir. Celui qui garde en main la vérité a perdu." Jean Baudrillard
Les membres de la bande à Philostrate ne collectionnent que des productions plastiques systématiquement appariées à des productions littéraires. Résultant des divagations de l’imaginaire, la somme de ces réalisations hybrides est présentée dans le cadre d’un cabinet de curiosités. Cette collection s’intitule Le labyrinthe des hypothèses masquées et elle repose sur un postulat : à des artistes et à des critiques d’art imaginaires peuvent être attribuées des productions réelles.
Le labyrinthe des hypothèses masquées se présente comme un jeu de rôles à contraintes, ouvert en permanence à de nouveaux joueurs et donc sans fin. Tous les joueurs sont anonymes, ils ont été sélectionnés par l’agence Pneuma et sont tenus de respecter les 28 règles prédéfinies par sa banque de données (Biografictor28). Lorsque vient son tour de proposer un nouvel artefact ou un nouveau texte, chaque joueur doit s’en tenir à la notion artistique ou littéraire fondatrice du personnage imaginaire qu’il choisit d’activer. Ce personnage pourra être soit l’un des 28 anartistes, soit l’un des 28 théoristes. Par exemple, si le joueur D entend enrichir la production matérielle de l’anartiste Benoît Cordelier, la pièce qu’il introduira dans le jeu devra correspondre précisément à la notion que ce personnage imaginaire est contraint d’explorer, à savoir celle de « segment ». Autre exemple : si le joueur B entend, quant à lui, enrichir la littérature relative à la production de Line Boucliez, et si son choix se porte de préférence sur la forme d’écriture de Tim Sisgonec plutôt que sur celle d’un autre théoriste (critique d’art), alors, l’article qu’il proposera devra impérativement respecter la notion centrale qui est exemplifiée dans tous les textes de ce théoriste, en l’occurrence la thématique du gnosticisme (Tim Sisgonec est une anagramme de gnosticisme).
Vous venez d'entrer dans La fiction iconographique intitulée Le Labyrinthe des hypothèses masquées. Cette fiction qui emprunte la plupart de ses arguments à des segments récents de l’histoire de l’art a pour toile de fond un pays imaginaire : l'Uqbar. C'est une production symbolique qui s'attache à ne jamais dissocier l'intelligible du sensible, à ne jamais séparer son composant questionnement de son composant célébration plastique.
Cette fiction se présente comme un jeu de rôles qui s’apparente à une enquête policière relative à l’assassinat collectif d'un Auteur supposé. Les indices qui permettent d’en repérer les officiants et les moyens mis en œuvre sont disséminés dans les productions solidaires de 28 anartistes (artistes imaginaires) et de 28 théoristes (critiques d'art imaginaires), réunies aujourd'hui au sein d'un cabinet de curiosités, celui de la bande à Philostrate.
Initiateurs de cette farce pataphysique, les membres anonymes de l’agence Pneuma semblent fascinés par l’inéluctable réversibilité des postures et des opinions, réversibilité qui révèle en creux l’ironie fatale et toujours triomphante de sa majesté Paradoxe. Pour construire l'assise théorique de leur jeu, ces opérateurs en art s'appuyèrent sur l'hypothèse selon laquelle la figure idéalisée de l’artiste contemporain était désormais l’artiste sans œuvre, autant dire l’artiste stérile.
Cet archétype est incarné dans le jeu par Alberto Fushni, un anartiste n’ayant jamais rien produit. Premier personnage à entrer en scène, celui-ci se manifesta par la déclinaison dans l’espace public du cordon sans fin (segment x à y), une proposition visuelle inachevable, conçue et fabriquée non par lui-même mais par l’intelligence artificielle (Biografictor28). Cette peinture volumétrique au sol allait servir de matrice nourricière pour la construction des 28 artistes imaginaires du Labyrinthe des hypothèses masquées.
Paradoxalement, par un surprenant retournement paradigmatique, cette non-œuvre qui s’intitule le cordon sans fin (segment x à y), et qui sera déclinée par Alberto Fushni, deviendra un tremplin fertile pour les 27 autres anartistes du jeu. Poursuivant la cannibalisation et la carnavalisation des attitudes, des formes et des discours de légitimation hérités de l’art moderne et contemporain, chacun de ces artistes construits (artistes ready-made) eut pour mission d’explorer plastiquement l’une des 28 notions constitutives de cette matrice et fil d’Ariane du jeu. Cette distribution programmée des rôles par Biografictor28 donna naissance au Paradox'art, encore appelé Simul'art, discipline dont l'ambition est de poser, par le biais de la fiction iconographique, les jalons d'une pratique de l'art à la fois ludique et pédagogique. Paradoxe fondateur du projet initié par les membres de l'agence Pneuma : la matrice du jeu (le cordon sans fin) se présente d'emblée, à partir d'un premier musée imaginaire, comme le produit synthétique de 28 emprunts à 28 artistes réels de l'histoire récente d'un art dont, par ailleurs, ils entendent explorer ce qu'ils pensent être les points forts et les faiblesses.
On ne saurait absolument rien sur le deuxième musée imaginaire réunissant les 28 anartistes et les 28 théoristes promus par Pneuma, s’il ne s’était trouvé, pour conserver les traces matérielles et discursives de leurs productions, un groupe de collectionneurs-éditeurs passionnés par le Paradox’art : la bande à Philostrate ! Dès le début des années 90, ces amateurs éclairés constituèrent un foisonnant cabinet de curiosités dont l’existence réelle est désormais mise en doute par les modalités virtuelles de sa diffusion publique à travers une série de blogs. Mais, paradoxalement, ils considèrent que cette forme de dématérialisation de l’exposition se présente comme une alternative historique concrète, à la fois simple et gratuite, venant répondre de manière pragmatique à la logique marchande. En outre, cette forme virtuelle de l’exposition suggère qu’une production symbolique candidate à l’appréciation esthétique peut, pour un regard aussi glissant et désincarné que celui de notre époque, se réduire à son seul environnement documentaire.
Le premier blog, intitulé le Labyrinthe des hypothèses masquées, présente, en 54 articles, des photos et des textes relatifs aux productions des 28 anartistes et des 28 théoristes qui constituent le cabinet de curiosités de la bande à Philostrate. https://paradox-art.blogspot.com
Le deuxième blog, intitulé Matrice et fil d’Ariane du jeu du Labyrinthe des hypothèses masquées, présente des photos et des textes relatifs aux 28 artistes réels du champ de l’art qui
ont permis au logiciel Biografictor28 de concevoir et de réaliser le cordon sans
fin (segment x à y). Il est composé de 13 articles. https://para-docs-art.blogspot.com
Le troisième blog, intitulé Les hypothèses théoriques du Labyrinthe enfin démasquées ! présente, en 28 articles, le
solide cadre épistémologique à partir duquel s’est développé le jeu éponyme. On y découvre que le Paradox'art est une pratique diversifiée et ironique qui, par le biais de la fiction, permet à l'agence Pneuma de remettre en cause la traditionnelle division du travail à l'intérieur du champ de l'art. En endossant toutes les fonctions de production et de légitimation discursive, depuis celle de l'artiste (les 28 anartistes), en passant par celle de directeur de revue (Ben Harsiflout pour Postures et Catherine Billetfranc pour Riposte), de critique d'art (les 28 théoristes), de commissaire d'exposition (Ben Harsiflout), de directeur de musée (Manuel Erpales), de collectionneur et d'éditeur (la bande à Philostrate), l'agence Pneuma entend souligner l'indispensable solidarité opérationnelle entre tous les opérateurs du champ de l'art pour qu'un objet banal puisse être transfiguré en œuvre d'art. https://para-doxa-art.blogspot.com
Le quatrième blog, intitulé Le jeu de l’œuf, se présente comme un divertissement exemplifiant l’idée de processus sans fin à l’œuvre dans le labyrinthe. Il comporte 72 articles dont 69 cases pour le jeu lui-même.
Un autre jeu dans le jeu consiste à repérer dans chaque case la représentation plus ou moins dissimulée de l'ur, nom donné au module de base du cordon sans fin. https://paradox-art-jeu.blogspot.com
Les articles des 4 blogs sont accessibles directement à partir du site (uqb-art.fr). Vous pouvez revenir à l'ACCUEIL du site et sortir des blogs, en cliquant sur le lien du site (uqb-art.fr) situé soit en haut de la colonne de droite de chaque page soit en bas de chaque page des blogs.





