Elsa
GAMBES
Notion explorée :
l’assemblage
Le cordon sans fin a été conçu par biografictor28 comme un assemblage de références à plusieurs artistes du monde de l'art moderne et contemporain.
Titre :
Salades composées 1,2,3…
Une
étonnante désinvolture ! Par Pier Mesim (revue Postures n°21)
« En métissant au gré de
ses humeurs des motifs, des formes et des techniques déjà utilisés par
d’autres, Elsa Gambes s’inscrit indéniablement dans une approche pragmatique de
l’art vécu comme un jeu de construction. A toutes les déclinaisons de la
virtuosité ou de la profondeur signifiante, elle oppose, avec une insouciance
juvénile, la frivolité et la légèreté.
Son rejet instinctif des pratiques mono maniaques - si chères à ses
contemporains - constitue une critique implicite de la prétention au
Sérieux. »
C’est
tellement plus facile ! Par Fleur Pires (revue Riposte n°22)
"Bien qu’elle soit l’anartiste uqbarienne
la plus cotée sur le marché du Paradox’art, certaines mauvaises langues
prétendent qu'Elsa Gambes n’a jamais mis les pieds dans une galerie ou dans un
musée. Il se dit aussi du côté de Tsal
Jaldoum où elle a élu domicile que, tout en se gavant à longueur de journées de
douceurs chocolatées, elle préfère manipuler en cascade des images sur son
ordinateur plutôt que de s’appesantir sur les indigestes pavés de ces écrivains
français ayant jadis malmené la notion d’auteur. Chaque fois qu’elle se trouve
dans une situation embarrassante où les mots deviennent trop nombreux et les
phrases bien trop longues, la jeune femme se rassure immédiatement en pensant
que la vie a toujours une bonne longueur d’avance sur la théorie.
Elsa Gambes
déteste les choses compliquées et n’apprécie guère qu’on la questionne sur
l’histoire de l’art. La raison en est simple : ses neurones s’échauffent
bien trop vite et elle ne parvient jamais à se souvenir si le beau Marcel
Duchamp arrive chronologiquement après Andy Warhol ou après l’audacieuse Gladys
Glover. Et à vrai dire, elle s’en moque éperdument. Pour elle, une image n’a pas
d’âge. D’ailleurs, ce qu’elle préfère dans les images, c’est l’usage qu’elle
peut en faire. Savoir pourquoi et comment elles ont été produites lui importe
peu. D’ailleurs, même si elle n’arrive pas à retenir le nom de cette célébrité
ayant dit que l’art est un jeu entre les
hommes de toutes les époques, cela ne l’empêche nullement d’adorer les
roues de bicyclette.
Il nous est toujours loisible de penser qu'Elsa Gambes
use sans modération du désir prétendument légitime de faire exactement ce qui
lui plaît, et qu’elle souscrit, sans même en avoir conscience, à l’hypothèse de
l’art en tant que catégorie du frivole
prévalant en dignité sur toutes les déclinaisons de la virtuosité ou de la profondeur
signifiante. Cependant, l’étonnante
désinvolture que cette jeune Uqbarienne affiche à l’encontre de toutes les
grammaires artistiques ne dissimule que très maladroitement la puérilité et
l’inconsistance d’un programme n’ayant pour vecteur que le seul caprice. Loin
d’être le solide point d’appui d’une ambitieuse rupture paradigmatique avec la
notion de sérieux, la fantaisie ne se
présente chez cette infortunée du bulbe que comme une manière d’insulte
infligée à l’esprit, et, dans le meilleur des cas, comme un lamentable
cache-misère intellectuel. Par conséquent, on aurait tort de se perdre en
conjectures sur l’originalité supposée de ses très éclectiques productions qui
laissent invariablement au regardeur la désagréable impression de déjà-vu. A cela, il existe une raison :
l’activité combinatoire d’Elsa Gambes consiste à copier puis à agencer, au gré
de ses humeurs, et dans une totale indifférence aux effets de sens, des
fragments d’œuvres déjà existantes, dans une configuration métisse n’ayant
strictement aucune vocation parodique.
Ses agents de Pneuma affirment, avec une mauvaise foi
redoutable, que cette méthode lui permet ainsi d’échapper à la mascarade de
l’inventivité, puisque c’est dans la totalité toujours renouvelée du patrimoine
artistique de l’Humanité que leur petite protégée peut à tout moment puiser sa
matière première, et non pas en un très hypothétique for intérieur. Dès lors, précisent-ils, il n’est plus nécessaire à Elsa
Gambes de se référer à ces vieilles lunes portant le nom d’inspiration ou d’imagination.
L’infantile revendication de gratuité et de frivolité derrière laquelle elle
s’est retranchée, c’est aussi, et malheureusement, le danger d’un refuge dans
l’irresponsabilité illimitée, l’accession facile en quelque sorte au paradis de
l’euphorie perpétuelle.
Au risque de déplaire à ses
agents, j’ose affirmer que cette anartiste fait de l’inédit machinalement et de
l’original sans origine, comme d’autres fabriquent du café sans caféine.
Pensant que toutes les idées finissent par avoir leur Dimanche, cette gosse de
riches n’a fait, depuis le début tonitruant de sa bienheureuse carrière, que
divaguer de bonheur et d’optimisme, comme tous les gens qui sont du bon côté de
la vie, c’est-à-dire du côté des privilèges.
A ce jour, Elsa Gambes ne sait
même pas que ses managers l’ont rattachée au courant de la postproduction. C’est dire si cette jeune femme a un rapport
privilégié avec le monde des idées !
Une chose est certaine : rien
ne lui est plus étranger que l’univers austère et monotone de tous ces
obsessionnels du logo visuel s’accrochant désespérément durant toute une vie à
la trouvaille d’expression monomaniaque pour laquelle ils ont été gentiment
brevetés. À toute proposition de nature analytique ou ascétique, à toute
armoirie autobiographique, l’Uqbarienne préfère cette manière bien plus joyeuse
d’appréhender l’art comme une vaste confiserie dans laquelle il y a des bonbons
de toutes les couleurs et pour tous les goûts. Dans le même ordre d’idées,
retourner à une prétendue spontanéité, au culte de l’expression ou de l’inédit,
serait, dans l’esprit de ses perfides porte-parole, rien moins que renouer avec
les stéréotypes, clichés et autres lieux communs dont notre profondeur est
constituée.
Elsa Gambes incarne à
merveille une modalité de l’apprenti-sorcier protéiforme pouvant épouser toutes
les intentions et toutes les causes qu’on veut bien lui prêter. Si, chez maints
artistes, cette disposition d’esprit relève d’un tempérament dispersé, pour ne
pas dire chaotique, elle s’impose chez elle comme un véritable destin. En effet, sa force résiderait, selon
ses représentants, dans le fait qu’elle est à l’image de sa génération :
paresseuse et limitée en diable ! D’ailleurs, elle n’a jamais envisagé que
l’on puisse faire autrement que de recourir à des formes et à des signes déjà
produits. Plutôt que d’essayer de transfigurer un élément brut comme la toile
blanche, elle préfère utiliser le donné.
C’est tellement plus facile est sa
formule préférée.
Elsa Gambes ne s’est jamais
torturé les méninges pour savoir dans quelle filiation elle s’inscrivait, ni s’il
lui fallait considérer le champ de l’art comme un musée qu’il faudrait évoquer ou dépasser, se contentant plus prosaïquement de l’appréhender sur son
ordinateur comme un immense bazar rempli de belles images à manipuler, à rapprocher,
et à agencer. Dans un brassage permanent qui se refuse ouvertement à l’idée de
cohérence ou de pureté, ses productions métissées - portant toutes le titre
générique de salade composée - se
veulent au-delà de tout jugement de valeur. Il apparaît clairement que sa
pratique ne fait qu’illustrer la thèse selon laquelle les productions actuelles
qui sollicitent notre appréciation esthétique ne résultent que de programmes qui étaient, en amont, déjà prêts à
l’emploi. Au lieu de valoriser l’expression, l’art serait devenu, selon les
porte-parole de l’Uqbarienne, totalement prévisible. L’anartiste du Paradox’art
ne serait rien de plus qu’un artiste
ready-made, un personnage construit de l’extérieur, en d’autres termes, un
archétype instrumentalisé dont le projet a été écrit à l’avance, une créature sous influences répertoriées,
plutôt qu’un créateur.
Bref, si l’on
se réfère au dépliant commercial assurant sa promotion, la pratique consistant
à peindre des fragments de peintures choisies de façon aléatoire à partir de simples
reproductions photographiques numérisées et aisément accessibles sur internet serait
une forme empruntant davantage au cinéma qu’à l’histoire des arts plastiques, un
genre de postproduction n’ayant aucun lien avec le chapitre usé des imitations
et des pastiches. Quoi qu’il en soit, il n’est pas besoin d’être grand clerc
pour s’apercevoir que ceux qui, comme Elsa Gambes ont commencé par emprunter leurs
motifs picturaux aux autres finissent toujours lamentablement par s’imiter
eux-mêmes."
Salade composée (anartistes assemblés: Manon Doucetti et Irena Mimes)
Salade composée (anartistes assemblés: Bernard Lermite et Emil Norica) d'après la partition linguistique n°252 de Patti Iron
Interprétation de La revanche d'Athéna, salade composée 18x18 cm (anartistes assemblés: Ignolargo Sefes, Don Carlos Finnes, El Efir et Bernard Lermite)
Bilboquet uqbarien, une salade composée (anartistes assemblés: Virginie Kline, Emil Norica et Benoît Cordelier)
Salade composée (anartistes assemblés: Manon Doucetti et Bernard Lermite)
Salade composée (anartistes assemblés: Emil Norica, Rita Podes, Line Boucliez)
Salade composée à partir de la partition linguistique n° 83 de Patti Iron (composition réunissant les 28 anartistes du labyrinthe)
Partition linguistique n° 83 de Patti Iron
« Réaliser
une peinture carrée de 56 cm de côté, en 28 nuances de vert, qui pourrait être
composée de 28 cercles assemblés en spirale, chacun représentant une iconographie
emblématique de la production des 28 anartistes
du labyrinthe. »
Salade composée (anartistes assemblés : Gladys Glover, Lio Bequit, El Efir)
Salade composée (anartistes assemblés : Carmen Arrugas, Virginie Kline, Ignolargo Sefes, Elia Serti)