13 partitions linguistiques de Patti Iron interprétées plastiquement par Lucas Jenacaq
Lucas JENACAQ
Notion explorée : l’interprétation plastique d’un énoncé
Dans le troisième scénario décliné par Alberto Fushni, le cordon sans fin est l'actualisation, la mise en forme, une interprétation possible de la partition linguistique n° 28 élaborée par Patti Iron
Titre : Trois fois rien
N’être à l’origine de rien! Par Sonia Estrilit (revue Postures n°18)
« C’est grâce à cette beauté d’éphèbe - qui, très tôt, lui tint lieu de passeport intellectuel - que Lucas Jenacaq eut le privilège de devenir, à l’âge de dix-huit ans, le secrétaire particulier d’Oskar Serti. A la mort de celui-ci, il hérita d’un si solide crédit de sympathie auprès des innombrables admirateurs de l’écrivain hongrois qu’il parvint à se lier d’amitié avec les esprits les plus subtils que l’Europe comptait alors. C’est de cette époque que date sa rencontre décisive avec Patti Iron, sophiste émérite qui lui apprit, à son grand soulagement, que l’on pouvait jouer toute une vie avec les mots sans s’imposer pour autant la fastidieuse besogne d’écrire la moindre phrase. Devant un propos aussi apaisant pour son âme, Lucas Jenacaq eut enfin le courage de se l’avouer : jamais il n’avait véritablement éprouvé le désir de s’engager dans cette assommante carrière littéraire à laquelle Oskar Serti l’avait si dévotement préparé. Dès lors, il prit conscience qu’il souhaitait n’être à l’origine de rien et se fit la promesse de ne jamais surmener la moindre plume et de ne jamais assécher le moindre encrier. »
La petite main de Patti Iron par Sim Calone (revue Riposte n°19)
« Un an après sa rencontre avec Patti Iron, le très opportuniste Lucas Jenacaq allait mettre à profit son goût supposé pour les idées, tout en s’épargnant la tâche exténuante qui consiste à essayer de formuler à tout prix quelque chose de strictement personnel. Par quel moyen notre débauché y parvint-il ? En prenant soudain conscience de la chance qu’il avait, lui, de posséder deux petites mains délicates. Pour être plus précis, il se contenta de donner une dimension plastique à certaines des partitions linguistiques de la Britannique qui font vaguement référence à des petits trains de lettres. En effet, à la seule évocation de quelques wagons tirés par une locomotive, il se remémorait les heures oisives de son adolescence avec Oskar Serti, lorsque tous deux trimballaient mollement leurs carcasses alanguies dans l’Europe du milieu, en s’enivrant des parfums exotiques de l’Orient express. »




















