Peintures et sculptures de poche, séries 1,2,3...
Elia SERTI
Notion explorée : La sérialité
Le cordon sans fin a été conçu de façon à ce que le module de base soit reproduit en une série de 360 objets, nombre qui correspond à celui des cercles constituant le plérôme de la cosmogonie gnostique.
Titre de l’ouvrage : Peintures et sculptures de poche
L’indispensable artiste bouche-trou ! Par Mina Cobonis (revue Postures n°11)
« Durant des années, Elia Serti vécut avec le sentiment pénible d’être bien moins peintre que déménageur. Les grandes toiles qu’elle réalisait à ses débuts avaient fini par acquérir le statut pesant de mobilier. Devoir les transporter de son atelier aux différents lieux d’exposition constituait, pour ses quarante-cinq kilos, une épreuve de moins en moins supportable. Le passage à la miniature lui redonna un second souffle car ses nouvelles réalisations possédaient, à ses yeux, une vertu majeure : être aisément logeables dans une poche ou un sac à main. De surcroît, l’installation de son travail s’en trouvait facilitée : la mise en place de chaque pièce ne nécessitait plus qu’un tout petit clou et un marteau. En effet, son innovation fut d’intégrer le dispositif d’accrochage au corps de la peinture. Jusqu’alors dissimulé, celui-ci n’avait jamais sollicité l’appréciation esthétique. D’autre part, ayant assimilé l’acquis théorique selon lequel toute production plastique prend une signification différente selon son contexte de présentation, l’Uqbarienne en conclut qu’il était inutile de choisir la couleur et la forme de ses séries de monochromes avant le jour de l’accrochage. Elia Serti est une pragmatique qui sait s’adapter à l’environnement d’accueil. C’est la raison pour laquelle elle est rapidement parvenue à se rendre indispensable. Cependant, elle persiste à se présenter, avec humilité, comme étant l’artiste bouche-trou par excellence, celle que l’on invite de façon systématique pour combler judicieusement les espaces bien trop importants qui séparent les réalisations des autres exposants. »
Une adepte de l’étalagisme par Simon Carveste (revue Riposte n°12)
« A l’aube de sa carrière, Elia Serti avait coutume de présenter les deux coquetiers inversés et solidement collés de ses sculptures de poche comme une métaphore de l’utérus ne pouvant plus accueillir un quelconque ovule. C’était une période où elle adhérait encore à l’idée qu’un objet candidat à l’appréciation esthétique devait être avant tout une production symbolique privilégiant la dimension artisanale et l’idée de pièce unique. Mais pourquoi donc, maintenant qu’elle est devenue célèbre, confère-t-elle une suprématie d’aura aux objets de série ? L’appât du gain serait-il devenu son conseiller de l’ombre ? »
















