Les propos divergents et souvent contradictoires qui sont tenus sur les productions des 28 anartistes de cette fiction iconographique par les 28 théoristes des revues Postures et Riposte ont pour objectif de semer le trouble dans l'esprit du lecteur-regardeur, l'invitant ainsi à élaborer son propre récit.

7/31/2024

Elsa Gambes selon Postures et Riposte

Salade composée (anartistes assemblés: Emil Norica et Virginie Kline)
Salade composée (anartistes assemblés: Manon Doucetti et Maïté Ryse)
Salade composée (anartistes assemblés: Line Boucliez, Emil Norica et Rita Podes)
Salade composée (anartistes assemblés: Rita Podes, Manon Doucetti et Patti Iron)
Salade composée (anartistes assemblés: Virginie Kline, Emil Norica, Maïté Ryse et Manon Doucetti)
Salade composée (anartistes assemblés: Emil Norica et Virginie Kline)
Salade composée (anartistes assemblés: Emil Norica et Virginie Kline)
Salade composée (anartistes assemblés: Benoît Cordelier, Virginie Kline et Manon Doucetti)
Salade composée (anartistes assemblés: Emil Norica et Hyuseip Pataq)
Salade composée (anartistes et artistes assemblés: Emil Norica, Daniel Buren et Gladys Clover)
Salade composée (anartistes et artistes assemblés: Hyuseip Pataq, Virginie Kline, Kit Rangeta et Gladys Clover)

Salade composée (anartiste et artiste assemblés: Manon Doucetti et Wladyslaw Streszminsky)

 
Salade composée (anartistes assemblés: Emil Norica et Manon Doucetti) 
                              
 Elsa Gambes est sans doute l'anartiste du Paradox'art qui pointe avec le plus de malice la difficulté de l'attribution auctoriale (Cécilia Tomplar)
 

Elsa GAMBES

Notion explorée : l’assemblage 

Le cordon sans fin a été conçu par biografictor28 comme un assemblage de références à plusieurs artistes du monde de l'art moderne et contemporain.

Titre : Salades composées 1,2,3…

Une étonnante désinvolture ! Par Pier Mesim (revue Postures n°21)

« En métissant au gré de ses humeurs des motifs, des formes et des techniques déjà utilisés par d’autres, Elsa Gambes s’inscrit indéniablement dans une approche pragmatique de l’art vécu comme un jeu de construction. A toutes les déclinaisons de la virtuosité ou de la profondeur signifiante, elle oppose, avec une insouciance juvénile, la frivolité et la légèreté. Son rejet instinctif des pratiques mono maniaques - si chères à ses contemporains - constitue une critique implicite de la prétention au Sérieux. » 


C’est tellement plus facile !  Par Fleur Pires (revue Riposte n°22)

"Bien qu’elle soit l’anartiste uqbarienne la plus cotée sur le marché du Paradox’art, certaines mauvaises langues prétendent qu'Elsa Gambes n’a jamais mis les pieds dans une galerie ou dans un musée. Il se dit aussi du côté de Tsal Jaldoum où elle a élu domicile que, tout en se gavant à longueur de journées de douceurs chocolatées, elle préfère manipuler en cascade des images sur son ordinateur plutôt que de s’appesantir sur les indigestes pavés de ces écrivains français ayant jadis malmené la notion d’auteur. Chaque fois qu’elle se trouve dans une situation embarrassante où les mots deviennent trop nombreux et les phrases bien trop longues, la jeune femme se rassure immédiatement en pensant que la vie a toujours une bonne longueur d’avance sur la théorie. 

Elsa Gambes déteste les choses compliquées et n’apprécie guère qu’on la questionne sur l’histoire de l’art. La raison en est simple : ses neurones s’échauffent bien trop vite et elle ne parvient jamais à se souvenir si le beau Marcel Duchamp arrive chronologiquement après Andy Warhol ou après l’audacieuse Gladys Glover. Et à vrai dire, elle s’en moque éperdument. Pour elle, une image n’a pas d’âge. D’ailleurs, ce qu’elle préfère dans les images, c’est l’usage qu’elle peut en faire. Savoir pourquoi et comment elles ont été produites lui importe peu. D’ailleurs, même si elle n’arrive pas à retenir le nom de cette célébrité ayant dit que l’art est un jeu entre les hommes de toutes les époques, cela ne l’empêche nullement d’adorer les roues de bicyclette. 

Il nous est toujours loisible de penser qu'Elsa Gambes use sans modération du désir prétendument légitime de faire exactement ce qui lui plaît, et qu’elle souscrit, sans même en avoir conscience, à l’hypothèse de l’art en tant que catégorie du frivole prévalant en dignité sur toutes les déclinaisons de la virtuosité ou de la profondeur signifiante. Cependant, l’étonnante désinvolture que cette jeune Uqbarienne affiche à l’encontre de toutes les grammaires artistiques ne dissimule que très maladroitement la puérilité et l’inconsistance d’un programme n’ayant pour vecteur que le seul caprice. Loin d’être le solide point d’appui d’une ambitieuse rupture paradigmatique avec la notion de sérieux, la fantaisie ne se présente chez cette infortunée du bulbe que comme une manière d’insulte infligée à l’esprit, et, dans le meilleur des cas, comme un lamentable cache-misère intellectuel. Par conséquent, on aurait tort de se perdre en conjectures sur l’originalité supposée de ses très éclectiques productions qui laissent invariablement au regardeur la désagréable impression de déjà-vu. A cela, il existe une raison : l’activité combinatoire d’Elsa Gambes consiste à copier puis à agencer, au gré de ses humeurs, et dans une totale indifférence aux effets de sens, des fragments d’œuvres déjà existantes, dans une configuration métisse n’ayant strictement aucune vocation parodique.

Ses agents de Pneuma affirment, avec une mauvaise foi redoutable, que cette méthode lui permet ainsi d’échapper à la mascarade de l’inventivité, puisque c’est dans la totalité toujours renouvelée du patrimoine artistique de l’Humanité que leur petite protégée peut à tout moment puiser sa matière première, et non pas en un très hypothétique for intérieur. Dès lors, précisent-ils, il n’est plus nécessaire à Elsa Gambes de se référer à ces vieilles lunes portant le nom d’inspiration ou d’imagination. L’infantile revendication de gratuité et de frivolité derrière laquelle elle s’est retranchée, c’est aussi, et malheureusement, le danger d’un refuge dans l’irresponsabilité illimitée, l’accession facile en quelque sorte au paradis de l’euphorie perpétuelle.

Au risque de déplaire à ses agents, j’ose affirmer que cette anartiste fait de l’inédit machinalement et de l’original sans origine, comme d’autres fabriquent du café sans caféine. Pensant que toutes les idées finissent par avoir leur Dimanche, cette gosse de riches n’a fait, depuis le début tonitruant de sa bienheureuse carrière, que divaguer de bonheur et d’optimisme, comme tous les gens qui sont du bon côté de la vie, c’est-à-dire du côté des privilèges.

A ce jour, Elsa Gambes ne sait même pas que ses managers l’ont rattachée au courant de la postproduction. C’est dire si cette jeune femme a un rapport privilégié avec le monde des idées ! Une chose est certaine : rien ne lui est plus étranger que l’univers austère et monotone de tous ces obsessionnels du logo visuel s’accrochant désespérément durant toute une vie à la trouvaille d’expression monomaniaque pour laquelle ils ont été gentiment brevetés. À toute proposition de nature analytique ou ascétique, à toute armoirie autobiographique, l’Uqbarienne préfère cette manière bien plus joyeuse d’appréhender l’art comme une vaste confiserie dans laquelle il y a des bonbons de toutes les couleurs et pour tous les goûts. Dans le même ordre d’idées, retourner à une prétendue spontanéité, au culte de l’expression ou de l’inédit, serait, dans l’esprit de ses perfides porte-parole, rien moins que renouer avec les stéréotypes, clichés et autres lieux communs dont notre profondeur est constituée. 

Elsa Gambes incarne à merveille une modalité de l’apprenti-sorcier protéiforme pouvant épouser toutes les intentions et toutes les causes qu’on veut bien lui prêter. Si, chez maints artistes, cette disposition d’esprit relève d’un tempérament dispersé, pour ne pas dire chaotique, elle s’impose chez elle comme un véritable destin. En effet, sa force résiderait, selon ses représentants, dans le fait qu’elle est à l’image de sa génération : paresseuse et limitée en diable ! D’ailleurs, elle n’a jamais envisagé que l’on puisse faire autrement que de recourir à des formes et à des signes déjà produits. Plutôt que d’essayer de transfigurer un élément brut comme la toile blanche, elle préfère utiliser le donné. C’est tellement plus facile est sa formule préférée.

Elsa Gambes ne s’est jamais torturé les méninges pour savoir dans quelle filiation elle s’inscrivait, ni s’il lui fallait considérer le champ de l’art comme un musée qu’il faudrait évoquer ou dépasser, se contentant plus prosaïquement de l’appréhender sur son ordinateur comme un immense bazar rempli de belles images à manipuler, à rapprocher, et à agencer. Dans un brassage permanent qui se refuse ouvertement à l’idée de cohérence ou de pureté, ses productions métissées - portant toutes le titre générique de salade composée - se veulent au-delà de tout jugement de valeur. Il apparaît clairement que sa pratique ne fait qu’illustrer la thèse selon laquelle les productions actuelles qui sollicitent notre appréciation esthétique ne résultent que de programmes qui étaient, en amont, déjà prêts à l’emploi. Au lieu de valoriser l’expression, l’art serait devenu, selon les porte-parole de l’Uqbarienne, totalement prévisible. L’anartiste du Paradox’art ne serait rien de plus qu’un artiste ready-made, un personnage construit de l’extérieur, en d’autres termes, un archétype instrumentalisé dont le projet a été écrit à l’avance, une créature sous influences répertoriées, plutôt qu’un créateur

Bref, si l’on se réfère au dépliant commercial assurant sa promotion, la pratique consistant à peindre des fragments de peintures choisies de façon aléatoire à partir de simples reproductions photographiques numérisées et aisément accessibles sur internet serait une forme empruntant davantage au cinéma qu’à l’histoire des arts plastiques, un genre de postproduction n’ayant aucun lien avec le chapitre usé des imitations et des pastiches. Quoi qu’il en soit, il n’est pas besoin d’être grand clerc pour s’apercevoir que ceux qui, comme Elsa Gambes ont commencé par emprunter leurs motifs picturaux aux autres finissent toujours lamentablement par s’imiter eux-mêmes."

 
 Salade composée (anartistes assemblés: Manon Doucetti et Irena Mimes)

Salade composée (anartistes assemblés: Bernard Lermite et Emil Norica) d'après la partition linguistique n°252 de Patti Iron  
Interprétation de La revanche d'Athéna, salade composée 18x18 cm (anartistes assemblés: Ignolargo Sefes, Don Carlos Finnes, El Efir et Bernard Lermite)
Bilboquet uqbarien, une salade composée (anartistes assemblés: Virginie Kline, Emil Norica et Benoît Cordelier)
Salade composée (anartistes assemblés: Manon Doucetti et Bernard Lermite)
Salade composée (anartistes assemblés: Emil Norica, Rita Podes, Line Boucliez)

 
Salade composée à partir de la partition linguistique n° 83 de Patti Iron (composition réunissant les 28 anartistes du labyrinthe) 

Partition linguistique n° 83 de Patti Iron

« Réaliser une peinture carrée de 56 cm de côté, en 28 nuances de vert, qui pourrait être composée de 28 cercles assemblés en spirale, chacun représentant une iconographie emblématique de la production des 28 anartistes du labyrinthe. »





Salade composée (anartistes assemblés : Gladys Glover, Lio Bequit, El Efir)
 
 Salade composée (anartistes assemblés : Carmen Arrugas, Virginie Kline, Ignolargo Sefes, Elia Serti)