Mes reliques
Momo NORICHE
Notion explorée : La monochromie
Tous les modules de base constituant le cordon sans fin sont d'une couleur identique.
Titre : Mes reliques
Le geste additionnel par Tim Sisgonec (revue Postures n°7)
« Comme tout patriote, Momo Noriche adore son pays. Pourtant, aucun autochtone, avant lui, n’avait rendu un hommage aussi vibrant à la teinte si particulière de sa terre natale. En regardant les productions monochromes de ce fervent apologiste du beige, on ne peut nier que la mystérieuse propriété colorante des grains de sable du désert uqbarien méritait, pour le moins, une déclaration d’amour. En effet, leur spécificité est d’imprégner indistinctement les objets qui ont été ensevelis d’un pigment indélébile effaçant pour toujours leur couleur d’origine. Il est d’ailleurs surprenant que les scientifiques ne se soient pas encore précipités en Uqbar afin d’étudier cet étrange phénomène. En attendant une explication rationnelle, Momo Noriche persiste à collecter les reliques inqualifiables qui sont exhumées après chaque tempête de sable et à les recouvrir méthodiquement d’une couche de peinture dont la couleur est strictement identique à la première. Par ce geste additionnel, il espère que ces objets hétéroclites seront auréolés d’une plus-value artistique qui les préservera à jamais de l’oubli.»
Noriche is no rich ! Par Mia Sotine (revue Riposte n° 8)
« Essayer de donner à des artefacts incongrus, à des objets de basse extraction, une allure de noblesse en les affublant d’une couleur aussi discrète, aussi distinguée, aussi aristocratique que le beige est une entreprise paradoxale qui a fort peu de chance de rencontrer le succès. Les bricolages monochromes de Momo Noriche ne font que confirmer le fait que, dès sa naissance, il a été frappé par la pire de toutes les malédictions, celle de porter un nom qui, par l’allusion à sa pauvreté congénitale, lui interdit à tout jamais l’accès à la richesse du bon goût ! »














