Les propos divergents et souvent contradictoires qui sont tenus sur les productions des 28 anartistes de cette fiction iconographique par les 28 théoristes des revues Postures et Riposte ont pour objectif de semer le trouble dans l'esprit du lecteur-regardeur, l'invitant ainsi à élaborer son propre récit.

7/24/2024

Momo Noriche selon Postures et Riposte















                                                                                      Mes reliques

Momo NORICHE

Notion explorée : La monochromie

 Tous les modules de base constituant le cordon sans fin sont d'une couleur identique.

Titre : Mes reliques

 

Le geste additionnel par Tim Sisgonec (revue Postures n°7)

« Comme tout patriote, Momo Noriche adore son pays. Pourtant, aucun autochtone, avant lui, n’avait rendu un hommage aussi vibrant à la teinte si particulière de sa terre natale. En regardant les productions monochromes de ce fervent apologiste du beige, on ne peut nier que la mystérieuse propriété colorante des grains de sable du désert uqbarien méritait, pour le moins, une déclaration d’amour. En effet, leur spécificité est d’imprégner indistinctement les objets qui ont été ensevelis d’un pigment indélébile effaçant pour toujours leur couleur d’origine. Il est d’ailleurs surprenant que les scientifiques ne se soient pas encore précipités en Uqbar afin d’étudier cet étrange phénomène. En attendant une explication rationnelle, Momo Noriche persiste à collecter les reliques inqualifiables qui sont exhumées après chaque tempête de sable et à les recouvrir méthodiquement d’une couche de peinture dont la couleur est strictement identique à la première. Par ce geste additionnel, il espère que ces objets hétéroclites seront auréolés d’une plus-value artistique qui les préservera à jamais de l’oubli.»

 

Noriche is no rich ! Par Mia Sotine (revue Riposte n° 8)

« Essayer de donner à des artefacts incongrus, à des objets de basse extraction, une allure de noblesse en les affublant d’une couleur aussi discrète, aussi distinguée, aussi aristocratique que le beige est une entreprise paradoxale qui a fort peu de chance de rencontrer le succès. Les bricolages monochromes de Momo Noriche ne font que confirmer le fait que, dès sa naissance, il a été frappé par la pire de toutes les malédictions, celle de porter un nom qui, par l’allusion à sa pauvreté congénitale, lui interdit à tout jamais l’accès à la richesse du bon goût ! »