Les propos divergents et souvent contradictoires qui sont tenus sur les productions des 28 anartistes de cette fiction iconographique par les 28 théoristes des revues Postures et Riposte ont pour objectif de semer le trouble dans l'esprit du lecteur-regardeur, l'invitant ainsi à élaborer son propre récit.

7/22/2024

Sim et Diu Li selon Postures et Riposte

    Carte-mère n°2 (détails)


 




Sim et Diu LI

Notion explorée : La similitude

Si l'on observe attentivement deux modules de base du cordon sans fin, on constate qu'ils sont similaires mais non strictement identiques. 

Titre : Carte-mère

 

           Une peinture au coude à coude par Riton Croce (revue Postures n° 2)

« Conçus selon une technique de procréation assistée par ordinateur, Sim et Diu Li ont été génétiquement programmés pour accomplir les mêmes gestes et partager le même destin. Ils n’ont jamais eu d’autre choix que celui d’appréhender l’existence sous l’angle insolite de la similitude. Pour n’avoir connu depuis leur enfance qu’une forme d’expression à quatre mains, c’est de manière logique qu’ils s’orientèrent, adultes, vers une activité commune. Aujourd’hui, ils  réalisent des peintures complexes, truffées de motifs toujours redoublés. Peignant au coude à coude sur une même toile divisée en deux zones strictement identiques, chacun des jumeaux s’évertue à remplir son espace de petits signes colorés, laissant au regardeur la tâche ardue de déterminer qui de Sim ou de Diu a réalisé la partie gauche et la partie droite. Reposant sur une surprenante télépathie, prometteuse pour l’avenir des biotechnologies, l’efficacité du système Li ne laisse place à aucune différence dans le traitement des deux surfaces. » 

 

  Les ratages de la biotechnologie par Pierre Nosentat (revue Riposte n°13)      

« Je ne vois dans les peintures de Sim et Diu Li qu’un projet malveillant cherchant à générer en nous cette sorte d’inquiétude mêlée de fascination lorsque nous sommes soudain confrontés à l’émergence du  double ou à la prolifération du même. La biotechnologie dont ils vantent les mérites ne se révèle pas aussi performante qu’ils le prétendent. En regardant attentivement leurs gribouillis infantiles, on ne peut s’empêcher de penser que les jumeaux ont été conçus de façon tout à fait approximative pour le difficile chemin qui aurait dû normalement les conduire à l’indiscernable. Il serait trop facile d’ironiser sur l’aspect burlesque de ces pathétiques facéties visuelles. A pointer les différences de traitement des deux surfaces, je me contenterai de dire  que la singularité de la facture et l’unicité du geste ont encore de beaux jours devant eux ! Allez, disons-le : Sim et Diu Li ne sont que des plagiaires congénitaux l’un de l’autre ! » 








                                                                                     Carte-mère n°15 (détails)