Les propos divergents et souvent contradictoires qui sont tenus sur les productions des 28 anartistes de cette fiction iconographique par les 28 théoristes des revues Postures et Riposte ont pour objectif de semer le trouble dans l'esprit du lecteur-regardeur, l'invitant ainsi à élaborer son propre récit.

8/08/2024

Chet Arpius selon Postures et Riposte (2/5)

L'arbre qui ne pouvait pas cacher les forets (pastiche d'après Virginie Kline)

La cité des profanations de Chet Arpius (pastiche d'après Alain Séchas et Jean-Pierre Raynaud)

Le pot rouge, d'après Jean-Pierre Raynaud, plus connu sous le titre:

                                                 Le pot rouge du Peau-rouge a perdu son 3

 Deux pots rouges, pastiche d'après Jean-Pierre Raynaud
9 pots rouges, d'après Jean-Pierre Raynaud, plus connu sous le titre: 

        9 neufs à/sur la coque     

Pastiche d'après un détail de La danse des sacophores, de Line Boucliez
Pastiches d'après Line Boucliez

Pastiche d'après 7 perroquets de Piero Netti
Pastiches d'après Le songe de l'Indien de Line Boucliez
 
                                         Pastiche de Paléophone du futur, d'après Virginie Kline                                      


Chet ARPIUS

Notion explorée: le changement d'échelle

Titre: La cité des profanations

 

La cité des profanations par Mila Noutis (revue Postures n° 7)

"Confrontés à l'immense sculpture bigarrée de Chet Arpius s’intitulant la cité des profanations, les chroniqueurs de Riposte, définitivement inaptes à la génuflexion, ne manquent jamais d’en souligner la difficile lisibilité, ainsi que la manière on ne peut plus timide qu’elle a de se tenir à égale distance de l’extrême sophistication et du misérabilisme de la facture. Faute de pouvoir s’agenouiller avec aisance devant cette construction labyrinthique en plateaux, comme le feraient spontanément de jeunes enfants, et en appréhender ainsi toutes les subtilités cachées dans ses recoins et soubassements, ces rabat-joie aux articulations ankylosées ne résistent jamais au plaisir d’en critiquer l’aspect prétendument racoleur - qui consisterait, selon eux, à introduire dans le champ des beaux-arts de vulgaires figurines faisant référence aux genres les plus soporifiques de l’industrie culturelle : la bande dessinée et le cinéma. Outre le fait de n’être aisément accessibles qu’aux mollusques rampants du premier âge, la faiblesse majeure de tous ces bricolages au ras de la moquette résiderait, selon ces inflexibles gardiens de la haute culture, selon ces perclus de rhumatismes, dans leur prétention à ne se fonder que sur un discours de légitimation truffé de références à une histoire de l’art dont, paradoxalement, ils prétendent ouvertement se moquer."

 

 Auto-légitimation abusive ! Par Sami Coster (revue Riposte n° 8)

"Si l’usage de la citation qui est au principe de la conception et de la réalisation de la sculpture modulaire de Chet Arpius a indéniablement ouvert quelques facilités nouvelles à l’ironie, à la rhétorique de l’appropriation ou encore à celle du détournement, elle a aussi retiré toute espèce de crédit à la notion de premier degré, ainsi qu’aux fantasmes de l’originalité. De surcroît, même sur le mode burlesque de la surenchère fumiste, l’œuvre parodique de Chet Arpius n’échappe pas au risque d’enlisement dans les simagrées du compromis mimétique à partir duquel pourrait bien se dissoudre sa vocation prétendument critique. 

Parmi toutes les productions émergentes du Paradox’art qui cherchent habilement à s’auto-légitimer en s’appuyant sur d’augustes références, c’est sans doute celle du Balte qui illustre le mieux cette tendance contemporaine à se fourvoyer dans les marécages par trop discriminants du clin d’œil cultivé. S’opposant frontalement à la logique d’intimidation inhérente à ce qu’il appelle les œuvres-monuments - ces productions à gros budget dont la caractéristique principale serait, selon Chet Arpius, d’avoir inféodé la figure déjà fort suspecte de l’artiste à celle du détestable donneur d’ordres -, le propos du Balte sur la réduction d’échelle et la nécessaire limitation des moyens techniques convoqués ne constitue, à l’évidence, que l’argument d’un aigri, incapable de réunir les fonds indispensables à l’élaboration d’un projet d’envergure. La rhétorique du Lituanien sur la miniature n’est que l’expression par trop visible de son impuissance et de sa rancœur. Chet Arpius souffre indéniablement de n’être qu’un bricoleur marginal de second ordre. A trop vouloir dénigrer la fascination que les Occidentaux auraient pour le monumental et la forme-publicitaire, le Balte n’est parvenu à réaliser qu’une variété de sculptures-bonsaïs aux dimensions lilliputiennes. Médiocre pasticheur de quelques réalisations magistrales ayant jalonné le siècle dernier, productions que, pour sa part, il persiste à qualifier jalousement de pompeuses ou d’arrogantes, Chet Arpius s’est fait une spécialité du changement d’échelle et, par la même occasion, s’est ouvert un nouveau segment de marché qu’il défend bec et ongles, ne se privant pas, en vil parangon du double langage, de déverser théâtralement son venin adolescent sur ce qu’il appelle, dans son jargon affecté, la dérive fétichiste du ready-made."
























                                                     La cité des profanations, détail (pastiche d'après Yayoi Kusama)

Pastiche de Dots obsession, d'après Yayoi Kusama